Comment télécharger son relevé de carrière sur info-retraite.fr (guide 2026)
La procédure exacte pour télécharger votre RIS en 2 minutes sur info-retraite.fr, et surtout les 4 anomalies que je retrouve systématiquement dans les dossiers que j'audite.
Un doute sur votre propre situation en lisant cet article ?
15 minutes gratuites avec Claude-Henri Poitou pour en parler.
Le Relevé Individuel de Situation — le RIS pour les intimes — a une histoire assez récente. Il existe sous sa forme actuelle, centralisée et accessible en ligne, depuis une dizaine d'années seulement. Avant ça, vérifier ses droits à la retraite relevait du parcours du combattant : courriers à chaque caisse, délais de plusieurs mois, relances. Aujourd'hui, deux clics et le document est dans votre boîte de téléchargement.
C'est un vrai progrès. Mais il y a un malentendu que je corrige à peu près chaque semaine au cabinet : télécharger son RIS, ce n'est pas vérifier sa retraite. C'est juste obtenir la matière première pour la vérifier.
Je vais vous expliquer la procédure exacte (elle prend 2 minutes), puis ce qu'il faut vraiment regarder une fois le PDF sous les yeux. Et à la fin, les 4 erreurs que je retrouve le plus fréquemment dans les RIS que j'audite.
La procédure pas à pas
Le plus simple, c'est de passer par info-retraite.fr ou directement par lassuranceretraite.fr. Les deux mènent au même endroit. La seule vraie subtilité, c'est la méthode de connexion.
Étape 1 — Se connecter via FranceConnect
C'est la méthode que je recommande systématiquement à mes clients. FranceConnect vous permet d'utiliser vos identifiants des impôts, de l'Assurance Maladie ou de La Poste pour vous connecter sans créer un énième mot de passe. Gain de temps immédiat, et pas de problème à la prochaine visite.
L'autre méthode, c'est de créer un compte dédié info-retraite (nom, prénom, numéro de sécurité sociale, email). Ça marche aussi, mais vous aurez un mot de passe de plus à gérer.
Étape 2 — Aller dans "Consulter ma carrière"
Une fois connecté, vous tombez sur un tableau de bord. Cliquez sur la rubrique "Consulter ma carrière". La page met quelques secondes à charger — c'est normal, elle agrège les données de tous vos régimes.
Étape 3 — Cliquer sur "Mes droits"
Une nouvelle page s'ouvre avec le détail de votre situation. Vous y verrez notamment le nombre de trimestres enregistrés au dernier 1er janvier, et le nombre requis pour une retraite à taux plein selon votre année de naissance.
Pour aller plus loin, cherchez le bouton "Mon relevé de carrière" et cliquez sur "Télécharger mon relevé". Le PDF fait environ 180 ko et se télécharge instantanément.
Voilà. Vous avez votre RIS.
Ce qui rend ce document vraiment précieux
Le RIS centralise, sur un seul PDF, l'ensemble de vos droits acquis auprès de tous vos régimes : régime général (CNAV), complémentaire AGIRC-ARRCO, régimes des TNS, des libéraux, des agriculteurs, de la fonction publique. Même chose pour les régimes étrangers si vous avez fait jouer les conventions internationales.
Avant le RIS, je devais demander à chaque client des attestations séparées à 5 ou 6 caisses différentes. Aujourd'hui tout est là. Objectivement, c'est un des rares outils publics français qui facilite vraiment la vie des gens.
Ce que je fais systématiquement avec mes clients
Quand un client me dit "c'est bon, j'ai téléchargé mon RIS, tout a l'air normal", je lui demande toujours la même chose avant même d'ouvrir le document de mon côté : parcourez les périodes une par une, et dites-moi si tout vous semble cohérent avec ce que vous avez vécu.
Ce n'est pas une question de politesse. C'est le meilleur filtre de premier niveau. Vous êtes la seule personne qui sait vraiment ce que vous avez fait entre 1985 et 1992. Pas la caisse de retraite, pas votre comptable, pas moi. Vous.
Concrètement, ouvrez le PDF et lisez la partie "activité détaillée" en posant ces questions :
- Les années et les employeurs correspondent-ils à ce dont je me souviens ?
- Y a-t-il un trou inexpliqué entre deux périodes ?
- Les périodes où j'avais deux activités en même temps (salarié + auto-entrepreneur, libéral + vacations hospitalières, etc.) apparaissent-elles toutes les deux ?
- Les périodes de chômage indemnisé sont-elles reportées ?
- Le service militaire figure-t-il quelque part ?
Si la réponse est "je ne sais pas" ou "pas sûr" sur l'un de ces points, il y a une bonne chance qu'il y ait un problème.
Les 4 anomalies que je retrouve le plus souvent
Après 11 ans à auditer des dossiers, je peux vous dire que certaines erreurs reviennent avec une régularité troublante. En voici quatre, classées par fréquence dans les dossiers que je traite.
1. Le service militaire non reporté
C'est la championne toutes catégories. Les hommes nés avant 1979 ont quasiment tous fait leur service national — entre 10 et 18 mois selon les époques et les affectations. Ces périodes doivent être validées comme trimestres assimilés au régime général, sur présentation du livret militaire ou de l'état signalétique des services.
Je pense à un médecin que j'ai accompagné l'an dernier, la soixantaine, qui avait fait son service militaire comme médecin du contingent dans un hôpital militaire à la fin des années 80. Sur son RIS : rien. Aucune trace de cette période. Quatre trimestres purement et simplement manquants, qu'il a récupérés en envoyant son état signalétique à la CNAV. Pour lui, ça représentait environ 130€/mois de pension complémentaire qu'il n'aurait jamais touchés sans l'audit.
Le cas est d'autant plus fréquent que beaucoup de personnes considèrent que "ça allait de soi" et ne pensent pas à vérifier.
2. Les majorations pour enfants oubliées ou incomplètes
Deuxième classique. Si vous avez eu ou élevé 3 enfants ou plus, vous avez droit à une majoration de 10% sur votre pension du régime général ET sur votre complémentaire AGIRC-ARRCO. Pour le régime général, la majoration est calculée automatiquement à la liquidation. Mais pour la complémentaire, je constate régulièrement des oublis ou des sous-évaluations.
Autre point : les trimestres de majoration pour enfants (4 trimestres par enfant sur le régime général pour les mères, partageables depuis 2010) sont parfois mal attribués ou partiellement reportés. Ça se joue en dizaines de trimestres sur une carrière avec plusieurs enfants.
3. Les périodes de double activité mal coordonnées
Vous avez été salarié et auto-entrepreneur en même temps pendant 3 ans ? Vous avez exercé comme libéral tout en ayant des vacations salariées ? Les deux caisses concernées doivent chacune reporter leur part — et c'est là que ça coince.
Dans la pratique, je vois très souvent l'une des deux caisses qui a "oublié" de transmettre ses données au RIS consolidé. Le client voit un trou apparent sur la période alors qu'en réalité il cotisait à deux régimes simultanément. La correction nécessite de fournir des attestations de cotisation de l'URSSAF et, selon les cas, des bulletins de paie ou des déclarations de revenus libéraux.
C'est typiquement le genre d'anomalie qu'un simulateur automatique ne peut pas détecter, parce qu'il prend le RIS pour argent comptant.
4. Les trimestres de chômage indemnisé partiellement reportés
Les périodes de chômage indemnisé par Pôle Emploi (maintenant France Travail) valident des trimestres assimilés. En théorie, c'est transmis automatiquement à la CNAV. En pratique, je vois régulièrement des reports incomplets, surtout pour les périodes d'avant 2000 ou pour les personnes qui ont alterné chômage et petits boulots.
Le point à vérifier : est-ce que chaque période d'indemnisation que vous avez vécue est bien comptabilisée dans vos trimestres ?
Pourquoi info-retraite.fr ne suffit pas pour vérifier sa retraite
Je vais être direct : le site info-retraite.fr est un excellent outil d'information. Il vous donne accès à vos données consolidées, une estimation de pension, des simulations de départ à différents âges. Pour le grand public, c'est remarquable.
Mais ce n'est pas un outil d'audit. Et c'est là que beaucoup de gens se font piéger.
Le simulateur officiel présume que toutes les données reportées sont correctes. Il ne détecte pas une anomalie, parce qu'il n'a aucun moyen de savoir ce que vous avez vécu en vrai. Si le service militaire n'est pas reporté, l'estimation est tout simplement calculée sans. Si une période de double activité manque, pareil. Vous avez une projection rassurante… basée sur un relevé incomplet.
Dans les dossiers que j'audite, je trouve au moins une anomalie significative dans environ un cas sur trois. Sur les dossiers complexes — poly-pensionnés, expatriés, professions libérales avec coordination multi-caisses — on est plus près d'un cas sur deux.
Quand faut-il télécharger et vérifier son RIS ?
Une croyance très répandue c'est "je ferai l'audit l'année de mon départ". C'est trop tard.
À 6 mois du départ, corriger un RIS est possible mais stressant. Les caisses ne sont pas toujours réactives, et vous êtes pris par le temps.
À 2 ans du départ, c'est confortable. On a le temps de reconstituer les pièces, de relancer les caisses, de monter un dossier solide.
À 5 ans du départ, c'est optimal. Parce qu'on peut encore agir sur les dernières années d'activité : rachat de trimestres éventuel, surcote, aménagement de fin de carrière, arbitrage entre cessation immédiate et cumul emploi-retraite.
Ma recommandation : faites un premier téléchargement et une lecture attentive à 55 ans. Refaites l'opération tous les 2-3 ans ensuite. Chaque mise à jour du RIS est une occasion de détecter une anomalie plus tôt qu'à la liquidation.
Et après le téléchargement ?
Vous avez votre PDF. Vous avez parcouru les périodes. Trois cas de figure :
Tout vous semble cohérent. Tant mieux. Mais souvenez-vous que "cohérent pour vous" ne veut pas dire "correct sur toutes les dimensions techniques" (calcul des points AGIRC-ARRCO, coordination multi-régimes, application des majorations). C'est là qu'un audit expert peut apporter une valeur supplémentaire.
Vous avez un doute sur une période. Ne tardez pas. Rassemblez les pièces justificatives (bulletins de paie, contrats, attestations Pôle Emploi/France Travail, livret militaire, livret de famille pour les majorations enfants) et contactez la caisse concernée. Pour les cas complexes, un expert fait gagner plusieurs mois.
Vous identifiez clairement une erreur. La procédure de correction passe par la caisse concernée, avec envoi des pièces. Les délais varient de 2 à 6 mois selon les cas et les régimes. C'est long, mais c'est presque toujours résoluble. Pour approfondir, voir l'article dédié aux erreurs fréquentes du relevé de carrière.
En résumé
Télécharger son RIS sur info-retraite.fr prend 2 minutes. Le lire vraiment prend 30 minutes. Le faire auditer peut valoir plusieurs dizaines de milliers d'euros sur une espérance de retraite.
Le RIS est un document remarquable, beaucoup mieux que ce qui existait il y a 15 ans. Mais il n'est pas infaillible. Le vérifier régulièrement, idéalement à partir de 55 ans, c'est une des meilleures décisions financières qu'on puisse prendre à cet âge.
FAQ
Le RIS est-il payant ? Non, il est entièrement gratuit. L'accès se fait via info-retraite.fr ou lassuranceretraite.fr, avec FranceConnect ou un compte dédié.
À partir de quel âge peut-on consulter son RIS ? Dès 35 ans, le RIS est disponible et mis à jour tous les 2 ans. Avant 35 ans, vous pouvez déjà accéder à un relevé partiel de vos premières années de cotisation.
Mon RIS n'affiche pas certaines années, que faire ? D'abord, vérifier que ce ne sont pas des périodes non cotisées (études non rachetées, années à l'étranger hors convention, etc.). Si vous avez bien travaillé pendant ces années, rassembler vos bulletins de paie ou attestations et contacter la caisse concernée. Les délais de correction sont généralement de 2 à 6 mois.
Combien d'anomalies trouve-t-on en moyenne dans un RIS ? Dans les dossiers que j'audite, environ un RIS sur trois contient au moins une erreur significative. Pour les dossiers complexes (poly-pensionnés, libéraux, expatriés), c'est plutôt un sur deux.
Faut-il attendre l'approche de la retraite pour vérifier son RIS ? Non, c'est même l'inverse. Une première vérification à 55 ans laisse 5 à 10 ans pour corriger les anomalies dans de bonnes conditions. À 6 mois du départ, les corrections sont possibles mais bien plus stressantes à gérer.
Quelle différence entre le RIS et l'EIR ? Le RIS (Relevé Individuel de Situation) est disponible à tout moment dès 35 ans. L'EIR (Estimation Indicative Globale) est envoyé automatiquement à 55 ans puis tous les 5 ans, avec une estimation de pension à différents âges de départ. Les deux documents se complètent.
Vous avez un doute sur votre propre dossier ?
Un premier échange gratuit de 15 minutes avec Claude-Henri Poitou permet souvent de savoir si un audit a du sens dans votre cas.