Retraite des mères : 23 meilleures années, combien vous gagnez
Depuis le 1er septembre 2026, la retraite de base des parents se calcule sur 23 ou 24 meilleures années au lieu de 25. Qui est concerné, la formule pour chiffrer votre gain en trente secondes, les profils qui gagnent gros et ce que la mesure ne change pas.
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Depuis le mardi 1er septembre 2026, une mère de deux enfants qui liquide sa retraite voit sa pension de base calculée sur ses 23 meilleures années — et non plus 25. Avec un enfant, ce sera 24. La presse a titré sur « la retraite des mères ». Ce qu'elle ne peut pas vous dire, c'est combien vous gagnez, vous.
Le gouvernement annonce un gain « de 1 % en moyenne ». Ce chiffre ne veut rien dire pour une carrière donnée : sur un dossier que j'ai repris cette semaine, l'écart est de 6,8 %. Sur d'autres, il sera nul. Tout dépend d'un seul paramètre, que vous pouvez identifier vous-même sur votre relevé de carrière.
Je vous propose donc la règle exacte, ses conditions réelles, la formule pour chiffrer votre gain en trente secondes, les profils qui gagnent gros — et surtout la liste, plus longue qu'on ne le croit, de ce que cette mesure ne change pas.
L'essentiel en 30 secondes
- Quoi : la retraite de base se calcule sur les 24 meilleures années avec un enfant, les 23 meilleures avec deux enfants ou plus, au lieu de 25.
- Qui : toute personne bénéficiant d'au moins un trimestre de majoration ou de bonification pour enfant — les mères dans l'immense majorité des cas, certains pères — au régime général, à la MSA, chez les indépendants.
- Quand : les pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Rien pour les retraites déjà liquidées.
- Combien : de zéro à plusieurs dizaines d'euros par mois. Le gain dépend uniquement de vos une ou deux années les plus faibles parmi vos 25 meilleures.
- Ce que ça ne fait pas : aucun trimestre en plus, aucun départ anticipé, rien sur les complémentaires, rien sur la pension de fonctionnaire.
Ce qui change exactement : 23 ou 24 années au lieu de 25
Un rappel en une phrase. Votre retraite de base du régime général est le produit de trois facteurs : le salaire annuel moyen (la moyenne de vos meilleures années, revalorisées et plafonnées), le taux (50 % au maximum) et le coefficient de liquidation (vos trimestres rapportés à la durée de référence). Nous avons détaillé la mécanique du premier facteur dans notre guide du salaire annuel moyen : c'est lui, et lui seul, que la nouvelle règle modifie.
Jusqu'au 31 août 2026, ce salaire annuel moyen était, pour tous les assurés nés à compter de 1953, la moyenne des 25 meilleures années. Le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel du 31 juillet, réécrit l'article R. 173-3-2 du code de la sécurité sociale. Pour les bénéficiaires de majorations ou de bonifications de durée d'assurance au titre de leurs enfants, le nombre d'années retenues est désormais de :
- 24 lorsque la majoration est accordée au titre d'un seul enfant ;
- 23 lorsqu'elle est accordée au titre d'au moins deux enfants.
Mécaniquement, la caisse continue de classer toutes vos années revalorisées et plafonnées du plus haut au plus bas — mais elle s'arrête à la 24ᵉ ou à la 23ᵉ au lieu de la 25ᵉ. Vos une ou deux années les plus faibles parmi celles qui comptaient sortent du calcul. La moyenne monte, et avec elle la pension.
L'article 6 du décret fixe l'application aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une retraite dont la date d'effet est antérieure n'est pas révisée, même rétroactivement : la règle est celle en vigueur à la date d'effet, comme toujours en matière de retraite.
Qui est concerné — et qui ne l'est pas
La condition d'entrée tient en une ligne du décret : bénéficier d'une majoration ou d'une bonification prévue aux articles L. 351-4, L. 351-4-1 ou L. 351-5 du code de la sécurité sociale. Concrètement, il s'agit des trimestres attribués au titre de la maternité, de l'adoption ou de l'éducation d'un enfant, au titre d'un enfant handicapé, ou d'un congé parental. Un seul trimestre suffit.
Les mères sont concernées presque sans exception : les 4 trimestres de maternité sont attribués d'office à chaque naissance, sans démarche. Une mère d'un enfant relève de la règle des 24 années ; une mère de deux enfants ou plus, de celle des 23.
Les pères le sont aussi, mais ils sont une minorité. Le texte dit « bénéficiaires », sans distinguer. Un père est donc concerné s'il a obtenu au moins un trimestre au titre d'un enfant : tout ou partie des 4 trimestres d'éducation pour un enfant né à partir de 2010 (le partage se demande dans les six mois suivant le quatrième anniversaire), des trimestres d'adoption, un congé parental, ou la majoration pour enfant handicapé. Un père dont les enfants sont nés avant 2010 et qui n'a pris aucun congé parental n'a, en pratique, aucun trimestre : les trimestres d'éducation sont allés à la mère par défaut, et il reste à 25 années. Nous avons détaillé ces mécanismes dans notre guide des majorations pour enfants.
Deux précisions que les présentations grand public passent sous silence :
C'est le nombre d'enfants ouvrant droit à majoration qui compte, pas le nombre d'enfants tout court. Un père de trois enfants qui n'a obtenu de trimestres que pour l'un d'eux relève de la règle des 24 années, pas des 23.
La mesure ne produit d'effet que si vous avez plus d'années valorisables que le nombre retenu. Avec deux enfants, il faut au moins 24 années permettant de valider un trimestre pour qu'une année soit effectivement écartée ; avec un enfant, au moins 25. Si votre carrière compte 20 années, la caisse les retenait toutes hier, elle les retient toutes aujourd'hui : rien ne bouge. C'est ce que la presse a traduit par « il faut au moins 24 ou 25 ans de carrière » — la condition n'est pas dans le décret, elle est dans l'arithmétique.
Les régimes concernés — et le piège des fonctionnaires
La règle vaut pour les régimes qui calculent la pension sur les meilleures années : le régime général, la MSA (salariés et non-salariés agricoles), la Sécurité sociale des indépendants et le régime des clercs de notaires. Pour les polypensionnés de ces régimes alignés, la liquidation unique (LURA) applique la nouvelle règle au salaire annuel moyen unique.
Elle ne vaut pas pour les régimes par points — Agirc-Arrco, Ircantec, retraite additionnelle de la fonction publique — qui n'ont pas de salaire annuel moyen. Et elle ne vaut pas pour la pension de fonctionnaire, calculée sur le traitement indiciaire des six derniers mois. Le décret cite bien la CNRACL et le régime des ouvriers de l'État, mais au titre de son autre volet — la bonification pour enfants nés depuis 2004, que je détaille plus bas. Un fonctionnaire dont toute la carrière est publique ne gagne rien sur la règle des 23 années.
Une fonctionnaire qui a commencé dans le privé, en revanche, est concernée sur sa part privée, et au prorata de ses trimestres dans le régime général. C'est un profil que je vois souvent en audit, et c'est précisément celui de l'exemple qui suit. Le détail de cette articulation est dans notre guide des carrières mixtes public-privé.
La formule pour chiffrer votre gain en trente secondes
Voici ce qui manque à tous les articles publiés depuis lundi : la formule. Elle est exacte, et vous n'avez besoin que de deux informations — votre salaire annuel moyen actuel (il figure sur votre estimation indicative globale, ou se reconstitue à partir du relevé) et vos une ou deux années les plus faibles parmi les 25 retenues, une fois revalorisées.
Avec deux enfants ou plus : gain sur le SAM = (2 × SAM actuel − somme des deux années écartées) ÷ 23
Avec un enfant : gain sur le SAM = (SAM actuel − année écartée) ÷ 24
Puis, pour passer du SAM à la pension : gain mensuel = gain sur le SAM × 50 % × coefficient de liquidation ÷ 12. Pour une carrière complète au régime général, le coefficient vaut 1 et le gain mensuel est simplement le gain sur le SAM divisé par 24.
Lisez la formule une seconde fois : le gain est piloté par l'écart entre vos années écartées et votre moyenne. Plus la petite année est petite, plus vous gagnez. C'est tout.
Un dossier réel : +63 € par mois, soit +6,8 %
Une cliente née en 1965, mère de deux enfants, a été salariée du privé pendant vingt-neuf ans avant d'être titularisée dans la fonction publique. Sa retraite prend effet fin 2028. Son salaire annuel moyen sur 25 années, reconstitué année par année avec les coefficients de revalorisation de 2026, s'établit à 30 974 €.
Parmi ses 25 meilleures années figurent deux années de tout début de carrière — des emplois d'été et un premier contrat partiel — qui, une fois revalorisées, pèsent respectivement 4 125 € et 9 422 €. Contre une moyenne de 31 000 €, elles tiraient le calcul vers le bas de façon spectaculaire.
La nouvelle règle les écarte. Application de la formule : (2 × 30 974 − 4 125 − 9 422) ÷ 23 = +2 104 € sur le salaire annuel moyen, qui passe à 33 079 €. Sur sa pension de base, compte tenu de son coefficient de liquidation (118 trimestres au régime général sur 171 requis) : +63 € brut par mois, soit +6,8 % de cette pension — près de sept fois le gain moyen annoncé.
Ce n'est pas un cas exotique. C'est le profil-type de la carrière ascendante : des débuts modestes, une progression, une fin de carrière au plafond. La mesure a été conçue pour ce profil, et pour celui des longues périodes à temps partiel — les deux situations où une ou deux années « creuses » contaminaient une moyenne par ailleurs solide.
Qui gagne beaucoup, qui ne gagne rien
| Profil de carrière | Effet de la mesure | Pourquoi |
|---|---|---|
| Débuts partiels (jobs d'été, premiers contrats courts) suivis d'une carrière continue | Fort | Les années écartées sont très inférieures à la moyenne |
| Longue période à temps partiel en milieu de carrière | Fort | Idem : les années à 50 ou 60 % sortent du calcul |
| Carrière incomplète mais comptant au moins 25 années | Fort | Les années les plus faibles ne « bouchent » plus la moyenne |
| Carrière ascendante (employée puis cadre) | Moyen à fort | Les années de début, revalorisées sur les prix et non sur les salaires, sont basses |
| Carrière plate, revenus réguliers | Faible | Les 23ᵉ, 24ᵉ et 25ᵉ années se ressemblent : en retirer deux ne change presque rien |
| Carrière entièrement au-dessus du plafond de la Sécurité sociale | Quasi nul | Toutes les années sont écrêtées au PASS, donc identiques entre elles |
| Moins de 24 années valorisables (deux enfants) ou 25 (un enfant) | Nul | Toutes les années étaient déjà retenues |
Deux atténuateurs à garder en tête, même dans les profils favorables :
- Le coefficient de liquidation. Une polypensionnée qui n'a que 118 trimestres au régime général sur 171 ne capte que 69 % de l'effet — c'est le cas de l'exemple ci-dessus. Une carrière complète au régime général le capte à 100 %.
- Le plafond. Les revenus au-delà du plafond de la Sécurité sociale (48 060 € en 2026) n'entrent jamais dans le calcul. Une cadre rémunérée durablement au-dessus du plafond a des années identiques entre elles : la mesure ne peut rien pour elle, ce que confirment les simulations publiées par la presse spécialisée, où les gains vont de 0,25 % à un peu plus de 2 % selon les carrières.
Ce que la mesure ne change pas
C'est ici que naissent les malentendus, et il y en aura beaucoup dans les mois qui viennent.
Aucun trimestre supplémentaire. Le salaire annuel moyen et la durée d'assurance sont deux étages indépendants du calcul. La règle des 23 années ne modifie ni le taux, ni la décote, ni le coefficient de liquidation. Vos majorations de durée d'assurance pour enfants — jusqu'à 8 trimestres par enfant au régime général — existent exactement comme avant : elles servent de condition d'entrée à la nouvelle règle, elles n'en sont pas modifiées.
Aucun départ anticipé. Une mère qui atteint sa durée du taux plein grâce à ses trimestres d'enfants ne part pas plus tôt pour autant : l'âge légal reste une condition à part entière. La mesure améliore le montant, pas la date. Seule la carrière longue permet un départ avant l'âge légal — j'y viens.
Rien sur les régimes complémentaires. L'Agirc-Arrco, l'Ircantec et le RAFP raisonnent en points, pas en années. Leurs propres majorations pour enfants — la majoration Agirc-Arrco de 10 % pour trois enfants élevés, par exemple — ne bougent pas.
Rien sur la pension de fonctionnaire. Calculée sur le traitement des six derniers mois, elle ignore la notion de salaire annuel moyen.
Aucune rétroactivité. Une pension liquidée avant le 1er septembre 2026 n'est pas recalculée. Il n'existe pas de procédure de révision à ce titre.
Rien sans enfant. Un assuré qui ne bénéficie d'aucune majoration reste à 25 années — y compris les pères qui n'ont jamais obtenu de trimestre.
Les deux autres mesures du 1er septembre
Le même train de textes contient deux dispositions supplémentaires, souvent présentées en bloc avec la première. Elles concernent des publics beaucoup plus étroits.
Carrière longue : jusqu'à deux trimestres d'enfants deviennent « cotisés »
Le départ anticipé pour carrière longue exige une durée cotisée égale à la durée de référence de votre génération — et jusqu'ici, les trimestres de majoration pour enfants en étaient totalement exclus. Depuis le 1er septembre 2026, jusqu'à deux d'entre eux (au total, quel que soit le nombre d'enfants) sont réputés cotisés.
Un point d'arbitrage à ne pas manquer : ce départ anticipé se prend avant l'âge légal, donc avant la fenêtre où se constitue la surcote parentale — les deux dispositifs s'excluent de fait, et il faut chiffrer lequel rapporte le plus.
Le piège, que les présentations rapides oublient : cette mesure ne touche pas à la condition de début d'activité. Il faut toujours avoir validé 4 ou 5 trimestres avant la fin de l'année civile de vos 16, 18, 20 ou 21 ans — par une activité réelle. Une mère qui n'a pas travaillé jeune reste hors du dispositif, deux trimestres ou pas. Et si votre durée cotisée est en retard de plus de deux trimestres, la mesure ne suffit pas non plus. Elle ne débloque, concrètement, que les assurées qui étaient à un ou deux trimestres près. Les conditions complètes sont dans notre guide de la carrière longue.
Fonctionnaires : une bonification d'un trimestre pour les enfants nés depuis 2004
Pour les femmes fonctionnaires, l'article 104 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 transforme l'un des deux trimestres de majoration attribués pour chaque enfant né à compter du 1er janvier 2004 en bonification. La différence est technique mais réelle : une bonification compte à la fois pour la durée d'assurance (décote et surcote) et pour la durée de services, celle qui proratise le montant de la pension — là où une simple majoration ne joue que sur la première.
Condition : avoir accouché après le recrutement dans la fonction publique. Les naissances antérieures à 2004 restent régies par les règles existantes, qui ne changent pas. Une fonctionnaire dont les enfants sont nés dans les années 1990 n'est donc pas concernée — mais si elle a une carrière privée antérieure, la règle des 23 années s'applique à cette part.
Loi ou décret ? Pourquoi la nuance a de l'importance
On lit partout que ces mesures viennent « de la loi de financement de la sécurité sociale 2026 ». C'est vrai pour la bonification des fonctionnaires et pour la carrière longue, qui figurent à l'article 104 de la loi du 30 décembre 2025. Ce n'est pas vrai pour la règle des 23 ou 24 années : le nombre d'années retenues pour le salaire annuel moyen n'a jamais été fixé par la loi, mais par la partie réglementaire du code. Le gouvernement l'a donc modifié par décret, sans passer par le Parlement.
Conséquence pratique, dans les deux sens : la règle est en vigueur, et une pension liquidée sous son empire est définitivement acquise. Mais ce qu'un décret a fait, un décret peut le défaire — sans débat parlementaire. Pour une assurée qui liquide dans deux ou trois ans, c'est une raison de plus pour ne pas bâtir un projet de départ sur la seule promesse d'un gain, et pour faire figurer dans toute projection la réserve d'usage : « selon la réglementation en vigueur à la date d'effet ».
Ce que je vérifie maintenant dans les dossiers
Depuis lundi, j'ai repris les dossiers de mes clientes dont la retraite prend effet après le 1er septembre 2026. Voici, dans l'ordre, ce que je contrôle — et ce que vous pouvez faire vous-même.
1. Vos enfants sont-ils déclarés ? La nouvelle règle s'enclenche sur l'attribution de vos majorations, et celle-ci suppose que chaque enfant figure dans votre dossier, avec sa date de naissance. Vérifiez la liste sur votre relevé Info Retraite ; si un enfant manque, déclarez-le avant votre demande de retraite. C'est le premier des contrôles de notre guide des majorations pour enfants.
2. Combien d'années valorisables avez-vous, et quelles sont les deux plus faibles ? Comptez les années où vous avez validé au moins un trimestre, puis repérez, parmi vos 25 meilleures, celles qui sortiront du calcul. Si ce sont des années à quelques milliers d'euros, vous êtes dans le profil gagnant.
3. Votre simulation est-elle antérieure à septembre 2026 ? Si oui, elle sous-estime votre pension. Les estimations indicatives globales, les simulateurs et les études réalisées avant l'entrée en vigueur retiennent 25 années. Un chiffrage refait avec la bonne règle peut modifier un arbitrage de date de départ ou un projet de rachat de trimestres — rarement dans le sens d'un rachat, d'ailleurs, puisque la mesure améliore le montant sans toucher aux trimestres.
4. Votre retraite est-elle déjà liquidée ? Dans ce cas, il n'y a rien à faire : la règle ne s'applique pas aux pensions prenant effet avant le 1er septembre 2026, et aucune demande de révision n'est ouverte à ce titre.
Reconstituer un salaire annuel moyen, année par année, coefficient par coefficient, et isoler les années que la nouvelle règle écarte, est le cœur de chaque audit retraite que je conduis. C'est un travail fastidieux, et c'est le seul qui donne un chiffre — le vôtre, pas une moyenne nationale. Premier échange gratuit de 15 minutes pour savoir si votre carrière est dans le profil gagnant.
En résumé
Depuis le 1er septembre 2026, la retraite de base des assurés bénéficiant d'au moins un trimestre de majoration pour enfant se calcule sur 24 meilleures années (un enfant) ou 23 (deux enfants et plus), au lieu de 25. La règle vaut au régime général, à la MSA et chez les indépendants ; elle concerne presque toutes les mères et une minorité de pères ; elle s'applique aux pensions prenant effet à compter de cette date, sans rétroactivité.
Le gain se calcule en trente secondes — deux fois votre salaire annuel moyen, moins vos deux années écartées, le tout divisé par 23 — et il va de zéro pour une carrière plate ou entièrement au plafond, à plusieurs dizaines d'euros par mois pour une carrière à débuts modestes ou à long temps partiel. Il ne change ni vos trimestres, ni votre date de départ, ni vos complémentaires, ni votre pension de fonctionnaire.
Si votre retraite prend effet après le 1er septembre 2026, toute estimation antérieure à cette date est à refaire.
FAQ
Qui bénéficie du calcul sur 23 ou 24 meilleures années ? Tout assuré du régime général, de la MSA ou de la Sécurité sociale des indépendants qui bénéficie d'au moins un trimestre de majoration ou de bonification au titre d'un enfant : 24 années si la majoration concerne un seul enfant, 23 si elle en concerne au moins deux. Ce sont très majoritairement des mères — les 4 trimestres de maternité leur sont attribués d'office — mais un père qui a obtenu des trimestres d'éducation, d'adoption, de congé parental ou pour un enfant handicapé est concerné de la même manière.
À partir de quand la mesure s'applique-t-elle ? Aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. Une retraite liquidée avant cette date n'est pas révisée, même si l'assurée remplit les conditions. La règle est fixée par le décret n° 2026-699 du 29 juillet 2026, publié au Journal officiel du 31 juillet et entré en vigueur le 1er août.
Combien vais-je gagner concrètement ? Cela dépend entièrement de vos deux années les plus faibles parmi vos 25 meilleures. La formule est simple : pour deux enfants, le gain sur le salaire annuel moyen est égal à deux fois votre SAM actuel moins la somme de ces deux années, le tout divisé par 23. Si ces années sont proches de la moyenne, le gain est presque nul. Si ce sont des débuts de carrière partiels ou une longue période à temps partiel, il peut atteindre plusieurs dizaines d'euros par mois — sur un dossier récent, +63 € brut mensuels, soit +6,8 % de la pension de base.
La mesure me donne-t-elle des trimestres supplémentaires ? Non. Elle ne touche que le salaire annuel moyen, c'est-à-dire le montant. Elle n'ajoute aucun trimestre, ne modifie ni le taux, ni la décote, ni le coefficient de liquidation, et ne permet pas de partir plus tôt. Vos majorations de durée d'assurance pour enfants continuent d'exister par ailleurs, exactement comme avant.
Les hommes sont-ils concernés ? Oui, dès lors qu'ils bénéficient d'au moins un trimestre de majoration au titre d'un enfant. C'est le cas d'un père qui a obtenu tout ou partie des 4 trimestres d'éducation pour un enfant né à partir de 2010, de trimestres d'adoption, de trimestres de congé parental ou de majoration pour enfant handicapé. Les pères dont les enfants sont nés avant 2010 et qui n'ont pris aucun congé parental ne sont en pratique pas concernés : les trimestres sont allés à la mère.
Je suis fonctionnaire, est-ce que ma pension change ? Pas votre pension de fonctionnaire : elle est calculée sur le traitement des six derniers mois, sans salaire annuel moyen, donc la règle des 23 ou 24 années ne la concerne pas. En revanche, si vous avez une carrière privée antérieure, la mesure s'applique à cette part de vos droits, au prorata de vos trimestres dans le régime général. La seule nouveauté propre aux fonctionnaires est une bonification d'un trimestre par enfant né à compter de 2004, à condition d'avoir accouché après le recrutement.
Est-ce que cela change quelque chose pour ma retraite complémentaire ? Non. L'Agirc-Arrco, l'Ircantec et la retraite additionnelle de la fonction publique sont des régimes par points : ils n'utilisent pas de salaire annuel moyen. Leurs majorations pour enfants — 10 % à partir de trois enfants à l'Agirc-Arrco par exemple — restent inchangées.
Faut-il faire une démarche pour en bénéficier ? Aucune demande spécifique, mais une condition pratique : vos enfants doivent être déclarés dans votre dossier retraite, avec leurs dates de naissance, pour que les majorations soient attribuées à la liquidation — c'est cette attribution qui déclenche la règle des 23 ou 24 années. Vérifiez la liste de vos enfants sur votre relevé Info Retraite ; si l'un manque, déclarez-le avant de déposer votre demande.
Une question ? On est là.
Votre cas ne ressemble pas tout à fait à l'article ? Posez votre question ici, en deux lignes. Claude-Henri Poitou vous répond en personne, sous 48 heures — sans engagement.
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